Analyse sectorielle: la grande distribution mondiale
Accélération des repositionnements stratégiques des distributeurs mondiaux pour améliorer leur rentabilité dans un secteur globalement fragilisé
Dans leur étude intitulée «Quelles peuvent être les stratégies des distributeurs alimentaires pour préserver leurs marges menacées ? », les experts économiques et les experts métiers de l’assureur-crédit Euler Hermes examinent l’état de santé du secteur ainsi que ses perspectives au niveau international. Depuis un an, les repositionnements stratégiques des distributeurs alimentaires s’accélèrent pour améliorer leur rentabilité à l’étranger, en consolidant leurs parts de marché dans des pays où ils figurent parmi les leaders.(Paris, 14/03/2008)
1. L’internationalisation, un impératif pour les distributeurs malgré une rentabilité encore faible
Euler Hermes SFAC observe que la croissance des groupes mondiaux à l’étranger reste toujours près de deux fois plus rapide que leur croissance totale. Mais l’assureur-crédit relève en même temps une faible diversification géographique : les distributeurs interviennent en effet encore majoritairement dans leur zone domestique. « Nous observons qu’aucun acteur n’est réellement mondial. La plupart des acteurs réalisent plus de 80 % de leur chiffre d’affaires dans leur zone domestique », observe Annie Girac, conseiller sectoriel Euler Hermes SFAC.
A titre d’exemple pour Tesco, la marge d’exploitation consolidée estimée en 2007 est de 5,8 % alors que la marge d’exploitation à l’étranger est de 5,3 %. C’est encore plus flagrant pour Wal Mart avec 5,9 % de marge d’exploitation consolidée estimée en 2007 contre 3,1 % de marge d’exploitation à l’étranger.
« Metro est le seul à obtenir une marge d’exploitation à l’étranger nettement supérieure à sa marge d’exploitation consolidée estimée en 2007 », observe Annie Girac.
Wal-Mart a subi des déboires dans ses tentatives d’implantation hors du continent américain : le distributeur a décidé de se désengager de l’Allemagne en 2006 après des pertes structurelles pendant près de 10 ans. Au Japon, Wal Mart va subir son 6ème exercice déficitaire en 2007 après une entrée sur le marché japonais en 2002.
Les distributeurs assainissent leurs structures financières pour dégager des marges de manœuvre. La dette financière d’Ahold, après une forte cure d’amaigrissement, est passée de 460 % en 2002 à 70 % en 2007 (estimés). Sur les mêmes années, la dette financière de Carrefour a été ramenée de 128 % à 64 % et celle de Casino de 104 % à 71 %.
Carrefour s’est désengagé des pays dans lesquels la part de marché est faible (de 1 à 5 %), comme la Suisse ou le Portugal en 2007 (1,2 milliards d’euros de produits de cession) pour financer l’expansion et les acquisitions tactiques dans des pays cibles (1,5 milliards d’euros d’investissements), tel que le Brésil avec le rachat d’Atacadao.
« Il y a eu en 2007 une accélération de la restructuration des portefeuilles d’actifs des distributeurs pour améliorer les marges et réallouer les ressources financières sur les pays clés », commente Annie Girac.
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