Emplois : forte tendance à la baisse aux É.-U., chute libre au Canada

Dan North | 5 février, 2021

 

É.-U.

Plus de 49000 emplois ont été créés en janvier 2021, ce qui correspond aux attentes. Cependant, le rapport n’était pas aussi robuste qu’il n’y paraissait en raison de deux révisions à la baisse. Les pertes d’emplois de décembre, qui avaient été établies auparavant à -140000 emplois, ont été révisées à la baisse pour atteindre -227000 emplois. De même, les gains de novembre ont été révisés à la baisse, retirant -72000 emplois supplémentaires. En tout, les révisions à la baisse pour les deux mois ont indiqué une perte de -159000 emplois, ce qui efface clairement les 49000 emplois gagnés en janvier. Après le rapport du 5 février, le marché du travail a retrouvé 55,8 % des emplois perdus en mars et avril 2020, alors qu’en novembre, le marché avait récupéré 56,6 % des emplois. Nous avons donc perdu du terrain. Il manque toujours 9,9 millions de postes sur le marché, comparé à avant l’apparition de l’abominable COVID.  

Les secteurs de la construction et de la manufacture ont connu des baisses faibles, mais inattendues, avec -3000 et -10000 emplois respectivement. Les secteurs des transports et de l’entreposage ont perdu encore -28000 postes après la baisse de -24000 emplois en décembre, probablement en raison de licenciements après les fêtes. Mais encore une fois, ce sont les fermetures et les restrictions qui ont provoqué la perte de -38000 emplois dans la vente et -61000 postes dans les secteurs des loisirs et de l’hôtellerie, après une perte dévastatrice de -536000 emplois en décembre. Des créations d’emplois importantes ont été observées au niveau du gouvernement avec +43000 emplois et, bien sûr, dans le secteur des services professionnels et aux entreprises, avec +97000 postes (cette catégorie affiche presque toujours les plus fortes hausses, puisque c’est l’une des plus grandes catégories).  

Le taux de chômage a baissé de 6,7 % à 6,4 %, son plus bas depuis le début de la pandémie, mais une partie de cette baisse est due à la diminution de la main d’œuvre. À ce stade, le taux de participation à la main-d’œuvre est probablement le chiffre le plus important. Il a baissé de 0,1 % pour s’établir à 61,4 %, son plus bas en 44 ans. De la même manière, le ratio emploi-population a augmenté de 0,1 %, mais en dehors de la pandémie, il reste à son taux le plus bas depuis 38 ans.

Canada

La situation de l’emploi au Canada s’est tristement dégradée. Le marché de l’emploi a régressé d’un impressionnant -213000 postes en janvier. En dehors de la pandémie, il s’agit de loin de la plus grosse perte en 44 ans, dépassant facilement la plus forte baisse jusqu’alors de -133000 emplois. Il s’agit également du deuxième recul consécutif, le marché ayant perdu -53000 postes en décembre. À ce jour, l’économie a récupéré 71,3 % des emplois perdus en mars et avril, ce qui est correct, mais en décembre dernier, ce chiffre s’élevait à 80,2 %. Le Canada progresse rapidement sur la mauvaise pente. Les fermetures et les restrictions au Québec et en Ontario sont entièrement responsables de la perte de -97900 et -153500 emplois respectivement. Les secteurs de la vente en gros et de la vente au détail ont connu une chute vertigineuse de -167600 emplois, réduisant à néant six mois de redressement. Le nombre d’emplois a baissé pour le quatrième mois consécutif dans les secteurs de l’information, de la culture et des loisirs ainsi que dans ceux des services d’hébergement et de restauration. Le taux de chômage a grimpé de +0,6 % pour s’établir à 9,4 %, son plus haut niveau depuis le mois d’août. Le taux de participation et le taux d’emploi ont fortement reculé et, en dehors de la pandémie, ont atteint leur plus bas en 24 ans.

Mais patience

Les choses vont s’améliorer. Le nombre de cas de COVID diminue très rapidement et, au cours des prochains mois, les restrictions et les fermetures vont assurément être levées. À mesure que la météo s’adoucit, les consommateurs, qui auront renfloué leurs économies grâce aux nombreux programmes de relance, vont enfin pouvoir dépenser cet argent, faisant remonter le PIB de 2021 à 4,1 % aux É.-U., et presque 5 % au Canada. Voici les derniers chiffres concernant la COVID.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens a baissé de 48 % aux É.-U. depuis le 8 janvier, et est à son plus bas depuis le 11 novembre.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens a baissé de 58 % au Canada depuis le 9 janvier, et est à son plus bas depuis le 9 novembre.
Nombre total de doses administrées en pourcentage. 10,5 % aux É.-U., 2,7 % au Canada, 1,5 % dans le monde.

Vitesse d’administration : Les É.-U. ont accéléré le rythme avec 1,3 million de doses administrées par jour, mais semblent malheureusement ralentir. Nous devons nous rapprocher de 2 millions de vaccinés par jour pour atteindre l’immunité collective d’ici la fin de l’année. 

Le taux de vaccination quotidien au Canada a gravement chuté, passant de 58000 doses/jour au 27 janvier à à peine 15000 doses le 4 février. À ce rythme, il nous faudra 10 ans pour atteindre l’immunité collective. Le Canada a commandé plus de vaccins par habitant que n’importe quel autre pays au monde, mais ils ne sont pas livrés. Et l’administration des doses reçues a été très mal gérée. C’est quelque chose que nous devons améliorer et j’espère que nous le ferons rapidement. 

En ce 5 février, il est évident que les nouvelles sont mauvaises du côté de l’emploi dans les deux pays, mais nous en connaissons au moins la raison. Nous savons que les nouvelles restrictions des entreprises sont à blâmer, et qu’elles peuvent et vont être levées. Nous profiterons bientôt de nouvelles mesures de relance. Les dépenses vont s’accélérer et les économies se relever. Mais les campagnes de vaccination doivent encore s’améliorer. 

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