L'économie belge ne se relèvera qu'en 2023 du choc infligé par le coronavirus

L'économie belge se relèvera au plus tôt en 2023 du choc infligé par le coronavirus

Il faudra attendre 2023 pour que le commerce international revienne au niveau d'avant la crise du coronavirus. Tel est l'avis des économistes d'Euler Hermes dans un nouveau rapport macro-économique. En Europe, la Belgique fait partie des mauvais élèves : l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède, par exemple, se rétabliront plus vite. Autre fait marquant : l'épidémie de COVID-19 rend la réélection du président américain Donald Trump peu probable.

L'économie mondiale a été profondément ébranlée : les experts d'Euler Hermes s'attendent à un recul de pas moins de 4,7 % pour 2020. Le commerce mondial, quant à lui, accuse une baisse de 15 %. C'est surtout le secteur de l'énergie qui est dans la tourmente. La métallurgie, le secteur des transports et les constructeurs automobiles sont également frappés de plein fouet. Le commerce mondial devrait se relever au plus tôt en 2023.

économie Belgique

320 000 emplois en péril, 13 000 faillites

En Belgique, les perspectives ne sont guère optimistes. Les économistes d'Euler Hermes prédisent une croissance négative du PIB de pas moins de -10 % pour 2020. Avec, à la clé, des répercussions désastreuses pour l'économie et le marché du travail : plus de 320 000 emplois sont sur la sellette. Ce sont surtout les travailleurs du secteur du détail, de la construction, des transports, de l'horeca, de l'industrie ainsi que du secteur de la culture et du divertissement qui doivent craindre pour leur emploi. Fin 2021, le taux de chômage atteindra 8,5 %. Avant la crise du COVID-19, il n'était que de 5,4 %. Le coronavirus risque de provoquer un bain de sang économique : nos experts s'attendent à 13 000 faillites en 2020 en Belgique. En 2021, 13 400 faillites viendront encore s'y ajouter. Une augmentation inédite de +26 % par rapport à 2019.

Faillites

La relance belge est à la traîne

Pour une reprise économique durable, il faudra attendre jusqu'en 2023. Nos économistes estiment que l'économie belge ne retrouvera qu'à ce moment le niveau d'avant la crise sanitaire. Notre pays est donc à la traîne : l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède se redressent plus rapidement. L'économie de la zone Euro devrait revenir au niveau pré-COVID-19 dès fin 2022.

Tableau économie

Trois fois moins de mesures de soutien directes que l'Allemagne

Les économistes ont dressé la liste des facteurs propices à une relance rapide. Ainsi, la durée et la rigueur du confinement jouent un rôle important. L'ampleur et la composition des incitants fiscaux sont également cruciaux. Le rétablissement plus lent en Belgique qu'en Allemagne, par exemple, s'explique par différentes raisons. Globalement, notre pays a dégagé 50 milliards d’euros de soutien budgétaire, soit 11 % du PIB. Un montant plutôt modeste en comparaison avec d'autres pays européens. De plus, la Belgique n’a consacré que 6 % de son PIB à des mesures de soutien directes, telles que la réduction des charges et le chômage temporaire. Cela représente deux fois moins qu'en France et plus de trois fois moins qu'en Allemagne. La spécificité de l'économie belge nous joue également des tours. La Belgique se distingue traditionnellement par un important secteur des services, qui ne se rétablit qu'au compte-gouttes.

Réélection de Trump incertaine

Le coronavirus hypothèque aussi la réélection du président américain Donald Trump. D'après les économistes d'Euler Hermes, la pandémie a bousculé la donne des prochaines élections présidentielles. Euler Hermes estime les chances de réélection du parti présidentiel via l'analyse de dix variables macro-économiques différentes. Donald Trump voit ainsi ses chances d'obtenir un deuxième mandat dégringoler de 45 % à 22,5 %. Le fait qu'un président en fonction ait si peu de chances d'être réélu est une exception dans la récente histoire politique américaine.

Flambée des troubles sociaux

Les économistes d'Euler Hermes redoutent également une flambée des tensions sociales à l'échelle mondiale. Une mauvaise gestion de la crise du COVID-19 en combinaison avec une hausse des prix, une pauvreté croissante et une santé publique vulnérable peuvent exacerber les troubles sociaux. Ce sont surtout les pays d'Amérique latine et du Sud qui courent un grand risque. Plus près de chez nous, nous pourrions voir éclater des conflits en Turquie ainsi qu'en Bosnie-Herzégovine. Les économistes prédisent également des tensions croissantes en Belgique, au Luxembourg, au Royaume-Uni, en Suède, en Islande, en Norvège, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis. Soyons clairs : le risque de troubles dans ces derniers pays est relativement limité, mais les tensions sociales y ont le vent en poupe.

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